Le Cagnard, là où le jeu ne s’arrête jamais

À Cavaillon, juste à côté du théâtre de verdure, Le Cagnard était bien plus qu’un simple bar. C’était un lieu où le temps semblait suspendu, où les rires résonnaient et où le jeu régnait en maître.

Le lundi, dès l’après-midi, les habitués arrivaient. À l’intérieur, les cartes s’abattaient sur les tables, les regards se croisaient, et les parties s’enchaînaient dans un mélange de tension et de complicité. À l’extérieur, les boules roulaient sous le soleil provençal, traçant leur chemin sur le gravier dans un silence concentré, vite brisé par des éclats de voix et des exclamations de victoire.

Et puis, quand l’horloge sonnait 1h du matin et que les portes du bar se refermaient, tout n’était pas fini. Loin de là. Dans l’allée du théâtre de verdure, les parties continuaient, sous les lampadaires, sous les étoiles. On riait, on s’interpellait, les verres passaient de main en main. Paysans, riches, pères de famille, célibataires, fournisseurs… Français, Italiens, Espagnols, Portugais…

Ici, peu importaient les origines ou la classe sociale, seul comptait le jeu et l’amour du moment partagé.

Parfois, parmi les joueurs, on reconnaissait des visages familiers, tels que Célestin L’Estaque, Bonis, les frères Baldasseroni, qui mesuraient leur adresse sous les regards admiratifs. Et dans un coin, attablés, un verre à la main, le chanteur Christophe ou Henri Salvador, et d’autres artistes de passage venaient goûter à cette ambiance unique, cette chaleur humaine qui faisait du Cagnard un endroit à part.

Un lieu où le soleil ne se couchait jamais vraiment, où chaque partie était une histoire, et où, jusqu’au bout de la nuit, la vie se jouait entre un verre de pastis et une boule bien placée.

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